Nourou Yorou

« You just go like that ? » : Quand la belle ghanéenne lance ceci à deux têtes de mules béninoises  

Kumasi (Ghana), 18 Avril 2013, dans une boite de nuit autour de minuit. Je soulevai ma tête après avoir tiré une gorgée de mon verre rempli de la bière fraiche de type 33. Mon regard tomba net sur une silhouette qui n’y était pas auparavant. Une très belle fille de teint bronzé s’est positionnée incognito en plein dans mon champ de vision. Elle portait une robette blanche très moulante qui couvrait à peine les 1/4 supérieur de ses cuisses luisantes. De travers de cette robette, on apercevait les traces de son dessous : une taille basse rouge coiffée de perles. Jamais vu une poitrine aussi généreuse, son postérieur bien arrondi telle deux pomme fruit. Elle est blottie là, devant moi, les mains sur la taille, un peu pour dire « Voilà moi, devant vous, qu’attendez-vous pour m’inviter ? ». Quelle démonstration…Je perdis toute suite le fil de mes causeries avec A., mon ami et frère qui m’a accompagné depuis Cotonou. J’avais pris l’habitude de me déplacer toujours avec un collègue, à défaut avec un frère, ou un ami à bord, on ne sait jamais quel malaise peut survenir sur la route. En effet, la veille c’est-à-dire le 17 Avril, on avait quitté Cotonou à bord d’une Highlander blanche acquise il y a à peine 1 an. La caisse était si belle, et l’intérieur fait de cuir brun luisant. On passa la nuit à Accra après avoir récupéré une collègue allemande qui devrait venir de Hanovre. Et ce 18 Avril, on quitta Accra pour Kumasi, car le lendemain 19 Avril, il était prévu une rencontre avec le staff de la « Forest Research Institute of Ghana » (FORIG) pour négocier un projet. On arriva à Kumassi vers 18h00, on nous installa dans la maison des hôtes de l’institut. Il fallait se relaxer après ces 2 jours de voyage. C’est ainsi qu’on décida de nous pavaner dans une boite de nuit du coin. Pendant plus de 15 mn, la belle blanche était donc calée devant nous, imperturbable, tantôt la face contre nous, tantôt de profile ou carrément alors de dos pour nous exposer son postérieur à donner des érections spontanées. Mon compère A. me regarda et me souffla «Docteur, elle est là pour nous, elle a su que nous sommes des étrangers ». Je dis non, la boite est pleine à craquer, et il y a beaucoup de mecs, qu’est-ce qui nous différencie des autres mecs au point que les deux têtes de mules que nous sommes, soyons une attraction pour elle. A un moment, je me levai pour aller dans les toilettes, de retour je remarquai que la belle blanche avait pris place à notre table. Entre temps, A. l’avait invitée à nous rejoindre, il l’avoua à ma question. Et bien « pas de soucis, c’est ta chérie, tu causeras avec elle ». Dommage, mon cher compagnon A. ne parle pas l’anglais. On passa presque 2 heures sans causer. A un moment, je demandai l’addition, je payai et invitai A à rentrer. Quand on se leva, la belle blanche nous jeta dans les oreilles : « You just go like that » ? Mais alors chère demoiselle, on devrait repartir comment ? On est venu en détail, on rentrera en détail. A. n’a rien compris et moi je n’ai rien répondu. On sort de la boite, on approcha notre voiture quand le Virgile s’approcha et demanda si nous avions vu la fille qui a demandé après nous. C’est là j’ai donné raison à A. Entre temps, la fille, étant venue sur le parking, a identifié la plaque étrangère et a demandé carrément sur quelle table sont assis ces étrangers. Elle s’est donc dirigée directement à notre table. En rentrant de la boite, A. s’est résolu à ne pas causer. Je passai la nuit avec cette image de la fille en tête, avec un peu de regret de l’avoir si tant ignorée, elle était quand même belle, j’aurais dû être un peu courtois, et puis alors quoi, je suis marié, je sortais d’une confession pascale 3-4 jours auparavant, qui plus est je suivais des séances d’échanges sur le mariage religieux, fallait ne pas se laisser distraire. Le lendemain, après notre réunion, il fallait continuer sur Ouaga. On embarqua. Juste derrière la maison des invités où nous étions logés, on vendait du plantain fumé. Mon compère A. se dirigea pour acheter. Il se retrouva nez à nez avec la même fille qui sortait juste d’un joli duplex orange voisin, elle doit y habiter ou bien elle a visité un(e) ami(e). Cette fois, en culotte jean noire et un décolleté blanc… Décidément, c’est elle qui nous piste ou c’est nous qui sommes plutôt à ses trousses…  Le mulet reconnut la fille et la salua dans un anglais balbutiant. La fille l’ignorât, le dévisagea du bas vers le haut. Elle scruta dans les environs et me vit dans notre voiture, le voilà, l’idiot d’hier. Je pense qu’elle a gardé un arrière-goût amer de la rencontre de la veille. J’étais confus, fallait-il être gentil et la saluer ou continuer par l’ignorer, à peine sorti de mes confusions…c’était tard, la belle monta dans une grosse Range Rover noire, démarra en trombes et passa à mes côtés. Nous continuons notre route. Une fois à Tamalé où on devrait passer la nuit avant de continuer le lendemain pour Ouaga, A. refusa mon invitation à diner ensemble.  Il a pris une décision : Désormais chacun dinera de son côté. La raison : je constituerais un blocus à ses projets, mais j’ai fait quoi de mal ? On atterrit à Ouaga le lendemain 20 Avril au soir où nous avons connu autres belles petites aventures. De Parakou, c’était la plume de votre humble serviteur SYN, Agréable soirée à vous.

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Quand un simple câble de connexion vaut plus que des millions en banque.

Janvier 2016, Dans la Pendjari au nord Bénin. Nous avions reçu en visite un couple ami allemand en compagnie de leur quatres enfants. La Noël passée à Cotonou, on décida de faire un tour dans la Pendjari et d’y faire la St. Sylvestre, la Noël et le nouvel an. Nous embarquions à bord d’un minibus type Toyota Hiace. Entre temps, nos invités avaient déjà réservé et payé, depuis l’Allemagne, le campement « Camp Noumi » où on devrait résider. Le propriétaire, un certain Sch., est allemand comme eux. Comme son nom l’indique, Sch., frappe à première vue de par son accoutrement et son cadre de vie qui reste des moins désirables dans tout Batia, village d’entrée de la réserve. La déception était grande dans les yeux des allemands quand on a posé nos pieds dans ce campement. Nos invités se sont confondus en excuses, ils auraient dû me laisser faire la réservation. Trop tard, Sch. avait déjà encaissé la moitié des sous, on doit y rester. Aussitôt installés, une bagarre s’installa entre Sch.  et le garçon ainé de nos invités. Le jeune D. est plutôt beau mec, physiquement bien bâti et musclé, avec un air élégant et propre. Il venait de finir sa formation d’officier de policier et devrait commencer sa fonction en Février suivant. En guise de récompense, ses parents lui ont offert un voyage en Afrique, assez loin, n’est-ce pas ? Eh bien, les voyages longs courriers de ce genre sont réservés aux européens assez nantis. Le jeune D. était conscient qu’il est issu d’une famille au-dessus de la moyenne allemande, et ceci le rendait un peu trop fier de lui-même. Il prétendait qu’il y a des punaises, des cafards et des rats dans sa chambre. Monsieur Sch. argumente qu’on est en brousse et que ces choses ne manquent pas. La bagarre monta de ton pendant 30 mn, Sch. décida de reverser le coût de cette chambre pour avoir la paix, le jeune garçon proféra des insultes grossières au vieil allemand et fit une démonstration financière en exhibant sa carte de crédits sur laquelle il aurait beaucoup d’argent, à l’en croire, et qu’il n’a pas besoin d’être remboursé avec des vieux billets sales du vieil homme. Les parents observaient passivement la bagarre, sans jamais oser calmer leur petit. Vaille que vaille, je réussi à calmer le vieil homme. Le soir, j’offris un verre au jeune D. histoire de causer avec lui et faire comprendre qu’il a mal agi, et qu’on se trouve certes quelque part en Afrique, mais alors nulle part, où dans certaines circonstances, la plume d’un oiseau a plus de valeur secouriste qu’une villa de dizaines de millions de New York. Sa maman à côté, m’a regardé profondément et a soupiré. J’ai compris qu’ils avaient des ennuis pour contenir ce garçon de 22 ans. La jeune ria et conclu qu’il ne peut jamais avoir besoin d’un vieux sale comme Sch. Le 02 Janvier, de Batia nous partîmes pour une visite dans la Pendjari. Etant donné la tension qui régnait, on n’a pas osé demander le service de Sch., on appela la direction qui nous affecta un guide touristique, mais nous étions autorisés à entrer avec notre minibus. C’était la saison sèche, pas de risque de s’embourber.  Après les formalités à l’entrée, notre guide nous proposa de commencer par la piste aux éléphants, (ou je ne sais plus quelle piste au juste). Après environ 18-20 km de la bifurcation, on marqua une pause déjeuner de 1h30 environ. Il fallait continuer, notre minibus refusa de démarrer malgré les efforts de Sylvestre, le conducteur. Il nous fit comprendre qu’il s’agit de la batterie et que depuis quelque jours cette panne était fréquente. On se regarda tous, muets et passifs devant la situation, il aurait pu nous avertir. Depuis 14h00 nous sommes sur place, espérant le passage d’une quelconque voiture car notre guide nous rassurait que les visiteurs sont fréquents sur cette piste, mais nous sommes juste le 02 Janvier, qui visite le parc à cette date. On perdit tout espoir après presque 4 heures d’attente, et on commença par analyser les différents scénarii, allons-nous dormis sur cette piste, et dans quelles conditions ? On en était là quand on aperçut au loin la poussière, et ensuite le ronflement de tonnerre semblable à une vielle voiture, je reconnus très vite le vieux colosse du guide allemand. Ah.. sa voiture, une véritable pièce de musée, un tout petit frottement avec cette voiture suffirait à faire du tétanos. Il s’approcha, Sylvestre lui expliqua la situation. Il ouvrit son coffre, plutôt un magasin rempli de toutes les pièces de rechange possibles. Il sorti un câble, les connecta et démarra la voiture. Enfin, nous sommes délivrés. A bord de notre minibus, nous sommes restés silencieux, il ne pouvait être autre, on a failli passer la nuit en plein air dans un parc avec 6 enfants. Timidement, je rompu le silence, et je demande, dans une blague déconcertante, au jeune D. assis juste à côté de moi : « Qu’a fait ta carte de crédit pour nous sortir de cette situation ? Le câble du vieil allemand a fait ce que des milliers d’euro ne pouvaient faire ». Il resta muet. La nuit au campement, D. s’approcha du vieil homme et présenta ses excuses. On a tous pris un verre. Le vieux guide nous parla de sa famille. Il a une fille qui étudie dans l’une des grandes universités d’Allemagne. Le jeune D. est aujourd’hui policier à Munich. Il est resté très bon ami du vieil allemand Sch. et de sa fille Anna. En 2019, nous avons pris un verre, tous ensemble, quelque part à Munich. Ma question à laquelle le vieil homme n’a jamais donné de suite jusqu’aujourd’hui : Savait-il qu’on aurait des ennuis en cours de chemin ? Il m’a juste dit qu’il a fait son travail, et qu’on était ses touristes. Moralité de l’histoire : Quelque part dans le monde, un brin de fil à coudre a plus de valeur que des millions en banque. C’était le plume de votre

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D’ailleurs cela fait 3 jours tu ne t’es pas lavé, tu ne dormiras pas sous la même tente que moi ce soir….

Décembre 1998 : à Alfakoara au Bénin. Un total de 13 étudiants, nous constituons, si ma mémoire est fidèle, la 2e ou la 3e promotion du jeune département AGRN de la FSA crée il y a 2-3 ans auparavant sous l’ingénieuse idée d’enseignants tout aussi jeunes que talentueux, apparemment tous issus de la même cohorte, à voir l’ancienneté de leur diplôme de doctorat, en son temps vieux de 1 ou 3, à 4 ans maximum. Un détail tout aussi étonnant, ils ont fréquenté tous, ou presque, les mêmes écoles francophones belges : l’ULB, Gembloux, Liège. L’AGRN d’alors était une marque déposée belge, avec à son compte un représentant emblématique. L’immense grandeur de nos enseignants se trouvait dans leur simplicité infinie, les grades sont oubliés pour faire face aux prénoms respectifs à travers lesquels ils se désignaient même devant les apprenants que nous sommes. Il était fréquent d’entendre alors Brice, Nestor (RIP), Noël, Euloge, Philippe, j’en passe…. Qu’avons-nous fait de cet héritage ? sinon que le mythe du diplôme et grade est ancré dans nos habitudes présentes. En son temps, l’enseignant a été une source de motivation et d’inspiration pour son étudiant. On rêvait tous d’être forestiers quand notre enseignant d’écologie forestière arborait sa parure de terrain faite d’une culotte kaki et d’une chemise manches longues pliées à hauteur du coude, la tête coiffée d’un chapeau panama à corde, sa voix forte qui contraste avec sa petite taille nous faisait vivre l’ambiance des forêts denses de Pobè, de Niaouli, de Pahou, tout en nous familiarisant avec les noms exotiques mais alors complexes des pionniers de l’étude de végétation Africaine. Ma tête résonne encore des noms de grands chercheurs comme Aubreville, Schnell, Hutchinson…pour passer par la classification de Yagambi et définir les diamètres d’exploitabilité. Son collègue le plus proche s’en distinguait par un petit gilet kaki, muni de nombreuses poches de toute taille et sur tout le tronc, gilet plutôt légendaire, qui couvrait à peine son torse et laissait apparaitre la ceinture sur sa taille. Ah oui, en effet, notre enseignant d’écologie générale et conservation des ressources naturelles, c’est aussi un condensé de contrastes : Sa voix très fine pendant ses cours contraste avec sa grande taille, qui elle-même contraste avec sa petite Suzuki double portière, le toit fait de bâche en plastique, dans laquelle il ne pouvait entrer qu’en se pliant presque en deux. A l’origine, il devrait aimer les petites caisses doubles portières assez modeste, car j’ai encore en mémoire cette Toyota Prado double portière (griffée AGCD), qui était souvent utilisée comme proxi de la Suzuki. Notre enseignant d’Ecologie générale nous a introduit à la notion de biodiversité, d’environnement, d’écosystèmes, de faune sauvage, de parcours naturel et surtout, de phytosociologie avec cette fameuse méthode sigmatique de Braun-Blanquet 1932. Quant à l’enseignant spécialiste du gibier, son cerveau était un manoir d’idées fertiles, un entretien de 5 mn aurait suffi au bailleur pour financer n’importe lequel de ses projets, il nous invitait toujours à sortir des sentiers battus (j’ai été perfusé à ce slogan qui m’a permis de rester accroché aux champignons malgré toutes les tentatives et tentations diverses), tandis qu’au passage de la belle Prado griffée « PP-Chat », nous ambitionnions tous de faire les Pêches. Que me reste-t-il des « Régressions Linéaires au sens des Moindre Carrés » du Prof. Fonton ? Si ce ne sont des écart types résiduels avec des ddl assez modiques qui ne m’ont vraiment pas libéré de mon ignorance statistique, malgré le renforcement de Yovo, alors assistant au Centre de Calcul et de Biométrie Générale (CBIG). L’animalier Guyssap (Prof. Guy Mensah) ne cessait de nous conter comment il voyageait avec les aulacodes en Allemagne. Présentement, je continue par m’éduquer auprès de mes collègues sur comment retrouver les isohyètes, la ligne de partage des eaux sur les bassins versants, ou comment dimensionner un barrage hydro-agricole, dans cette confuse application de l’hydraulique pastorale. L’AGRN d’alors, une marque déposée belge, était sous le renforcement de grands experts belges des différents domaines : nous avions autopsié une expérimentation agricole avec Prof. Claustriaux, régressé de façon rectangulaire avec Prof. Palme, déterminé la longévité d’une sardine du lac Tanganyka avec Prof. Moreau, informé géographiquement les systèmes avec Dr. Lejeune, et « francolinisé » avec Prof. Libois. Notre formation d’alors était riche en excursions, celles-ci aussi nourries de débats tout aussi passionnants que riches en idées et théories, à la limite des disputes acerbes mais quand même courtoises entre nos enseignants, et ceci devant nous, les apprenants…, AAAAH ces disputes, si passionnantes, si saisissantes, se poursuivant même lors des soutenances, devant les parents, amis et invités des candidats. La science était démystifiée, l’expertise décentralisée. Les titres et grades sont dégonflés… Qu’avons-nous fait de cet héritage ? Notre passage à AGRN nous a formatté à la recherche de terrain, augmentant en nous le flair de la recherche de financement. De nos maîtres, nous avons appris la force d’une équipe, le secret de la coopération, et la notion même d’un laboratoire, qui reste avant tout une école de savoir et connaissances, de partage des connaissances scientifiques, de solidarité, de simplicité, de disponibilité et d’accessibilité, de la grandeur dans la petitesse et dans l’humilité, mais aussi de valeurs sociales et éducationnelles. Nous espérons pouvoir transmettre ces valeurs à nos étudiants. Comme à l’accoutumé, l’excursion était instaurée au sein de chaque promotion AGRN, généralement en Décembre ou Janvier de chaque année. Elle devrait couvrir les trois grandes mentions : forêts, Faune et Chasse, Eaux et Pêches. La nôtre de la 23e promotion, organisée en Décembre 1998, devrait nous conduire par la Lama, ensuite Samiondji, Bassila, cantonnement de Parakou, Komiguea, et échouer à Alfakoara. A Alfakoara, on devrait observer les fameux éléphants qui avaient l’habitude de traverser la route. L’excitation était à son comble, pour les futurs forestiers d’alors. Ainsi donc arrivions-nous à Alfakoara autour du 17 Décembre.  Le lendemain, petite excursion dans les environs. A peine avions nous entamé l’excursion qu’une dispute de théories et d’idées scientifiques se déclencha entre nos deux illustres enseignants forestiers. Aspirants forestiers alors, et comme tout étudiant, on « adorait » être témoins quand ces deux baobabs

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Mais où est passé Charlemagne ? Comment la boussole a perdu le nord magnétique/ Where the hell is Charlemagne? How the compass lost magnetic north

Juillet 1999 : à Wari-Mao au centre du Bénin. Comme à l’accoutumé à la FSA, les étudiants en fin de formation doivent effectuer un stage pour l’obtention du Diplôme d’Ingénieur Agronome. Après maintes réflexions, je me retrouve avec mon compagnon Prof. Teka Oscar comme étudiants du Prof. Sinsin. Le collègue Oscar avait pris l’option de faire de la phytosociologie et gestion des parcours naturels, moi par entêtement, et malgré l’instance de notre encadreur de renoncer au sujet, je suis resté fidèle à mon ambition d’aborder les champignons comestibles. Faire les parcours naturels était pour moi un expert de plus sur la kirielle qu’il y avait déjà. En effet, avant mon compère Oscar, il y avait les tous premiers comme Prof. Oumorou, Prof. Houinato et Dr. Bako, s’en ont suivi d’autres comme Prof. Natta, Prof. Kindomihou et j’en passe… Cette pléthore de phytosociologues dénote déjà d’une forte concurrence imminente dans leur rang, il fallait sortir des sentiers battus, comme aimait si bien le dire un de nos enseignants. La spécificité et la délicatesse de mon thème me conduisit non pas à Samiondji, ni même à L’Okpara ou même Bétécoucou, qui étaient devenus les fermes d’immersion et de stage des spécialistes des parcours naturels, mais plutôt à Wari-Maro. En son temps, le massif forestier de Wari-Maro était l’un des mieux préservés au Bénin. Et Wari-Maro, un petit village alors peuplé de 200 habitants au plus, gît aux confins de la forêt. Ici, la belle forêt contraste avec une série d’inselbergs orientés Nord-Sud. Au loin vers le sud, le massif fait corps avec la forêt des Monts Kouffè. A Wari-Maro, la belle forêt commence aussitôt les cases franchies. On y découvre un vaste étendu de forêts claires faits d’arbres aux branchages plutôt étalés, couvrant un sous-bois léger dans lequel un éléphant peut faire banalement 40 km/heure. Ainsi donc, par un après-midi du mois de Juillet 1999, je reçu donc mes encadreurs, qui, à la faveur d’une mission du projet Flore du Bénin, ont fait un crochet à Wari-Maro pour s’acquérir de l’avancement de mes travaux de terrain. L’équipe est constituée du Prof. Sinsin (mon encadreur), feu Prof. Sokpon (RIP), Dr. Agbani et d’un jeune chercheur du projet « Flore du Bénin » en la personne de Charlemagne. Je revenais d’une visite de mes placeaux quand l’équipe débarqua devant moi. Mes paniers pleins de champignons déposés, je repris le chemin de la forêt avec mes visiteurs encadreurs. Au menu, une randonnée botanique le long de l’inselberg Soubakpérou pour fouiller les végétations éphémères. Soubakpérou, avec ses 620 m d’altitude, est l’une des attractions de la région. J’aimais bien faire cette randonnée, chaque fois qu’une équipe se présentait, et en son temps, il m’arrivait de faire cette colline 3 fois dans la même journée. En file indienne avec à sa tête le guide Salomon et Charlemagne devant moi, nous entamions la piste qui prend départ du village pour rejoindre la colline emblématique de la région. Quelques fouilles au piémont autour de la colline et nous commencions la montée. Après deux heures, nous voilà donc au sommet. Un décompte fait, on remarque l’absence de Charlemagne. Mais alors, où est passé Charlemagne ? Personne ne pouvait répondre. Au début, on pensa à un retard et qu’il allait nous rejoindre, hélas, 1h de fouille et 30 mn de pause, il n’est toujours pas venu. On a compris alors qu’il nous attend certainement au piémont. Il était presque 16h00, il fallait entamer la descente pour être sûr de rentrer au village avant la nuit. Revenu au piémont, Charlemagne ne s’y trouve. Au village non plus. On se plongea donc dans des inquiétudes. De spéculations en spéculations, j’émis l’avis que certainement il avait faim et qu’il s’était écroulé sous un arbre. Prof. Sinsin s’exclama de suite : « Mais, nous avons mangé avant de partir ». Oui, en effet on avait mangé, mais je me rappelle bien que c’était deux baguettes de 125 fcfa divisées en 8 tranches, chacun ayant reçu une tranche. On avait en effet bien mangé…Il n’était pas encore totalement sombre, ensemble avec les villageois qui nous servaient de pisteurs et de lampes torches, on décida de retourner à la recherche. On le retrouva vers 23h allongé sous un arbre mais très loin et du côté sud de la colline. Le lendemain, on lui demanda de narrer comment cela s’est passé. En fait, au piémont déjà il était fatigué, il s’est séparé du groupe et a voulu trainer en attendant notre retour. Entre temps, et puisqu’on ne revenait pas, il a voulu retourner seul au village. Malheureusement il a aussi perdu la piste. Wari-Maro est située au nord de la Colline, alors il a voulu se servir de la boussole pour retrouver le nord. Ironie du sort, quand les dieux des inselbergs décident de jouer de sales tours aux chercheurs : les inselbergs riches en fer ont déstabilisé la boussole, l’aiguille dansait dans tous les sens. Charlemagne s’avançait davantage vers le sud pensant qu’il se dirigeait vers le nord. Epuisé, il s’écroula sous un vieux néré avec l’espoir qu’il sera retrouvé. D’Abomey-Calavi, c’était votre dévoué Prof. NS YOROU July 1999: Wari-Mao, central Benin. As usual at the Faculty of agronomic Sciences, students at the end of their training have to do an internship to obtain their Diploma in Agricultural Engineering. After much reflection, I found myself with my companion Prof. Teka Oscar as Prof. Sinsin’s students. My colleague Oscar had opted for phytosociology and rangeland management, while I remained stubbornly faithful to my ambition to study edible fungi, despite our supervisor’s urging me to abandon the subject. For me, working on rangelands was just one more expert on the long list that already existed. Indeed, before my colleague Oscar, there were the very first phytosociologists like Prof. Oumorou, Prof. Houinato and Dr. Bako, followed by others like Prof. Natta, Prof. Kindomihou and so on. This plethora of phytosociologists was already a sign of impending competition in their ranks, and we had to think outside the box, as one of our teachers was fond of saying.

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Plus vous étudiez, plus vous devenez bête » : Comment une panne bête à changé le cours d’un atelier / The more you study, the dumber you get »: How a dumb breakdown changed the course of a workshop

14 octobre 2014 à Copargo au Bénin: Avec mon collègue Dr. Marius Ekué, on devrait aller à Ouagadougou pour le kick-off meeting du nouveau projet gagné pour le compte de Bioversity International. Notre chemin commença à Calavi à bord d’une Highlander blanche vieille de 2 ans déjà. Nous traversâmes Djougou vers 15h00, et notre objectif était de passer la frontière Bénin-Burkina avant la tombée de la nuit, car en son temps, la frontière burkinabè est fermée à partir de 19h à cause des braqueurs et coupeurs de route. Aux latitudes de Copargo vers 15h20, la voiture refusa. Elle est quand même neuve, du moins, elle venait de sortir du port il y a 1 an à peine, comment peut-elle refuser. Au début, j’ai cru à une blague, je coupai et redémarrai, rien. Aucun garagiste dans les environs. Nous passâmes presque 2h à tripatouiller la voiture sans succès. Je pris mon téléphone, appelai mon jeune frère qui devrait être à Djougou. Il ne se fit pas supplier et rapidement sur les lieux mais sans un garagiste car « je te connais assez, me dit-il ». Il prit la clé, enfonça, la voiture refusa. Il nous regarda tous les deux à tour de rôle, avec un sourire narquois, il affirma sans gêne que c’est une panne sèche, « jamais », je m’exclamai, car j’avais fait le plein du réservoir depuis Bohicon. Le réservoir prend 70l minimum, et la voiture fait 12l au 100 km, cela devrait nous amener au moins à Koupéla à 100 km de Ouaga. Il répéta que c’est une panne sèche. Je dis que c’est faux. La discussion tourna en un défi. Il acheta 2 litres au bord de la route, versa dans le réservoir. Après 2 mn la voiture démarra. Il nous regarde et nous jeta au visage : « Vous n’avez pas dit que vous êtes des docteurs, et dire que j’ai laissé mon boulot pour venir vous secourir. Vous là quand vous allez loin dans les études vous devenez bêtes ». Que répondre à ce petit si arrogant dans ce contexte où on a fait preuve d’une carence notoire. Tout silencieux nous montâmes en voiture, en reconnaissant timidement qu’on a été copieusement baisée pour avoir pensé trop loin, alors que la panne était banale. Cinq kilomètres plus loin, Marius me regarda et dit : gars ton jeune frère a raison quand même, plus on a de diplômes pointus, plus les banalités générales échappent à nos réflexions. Comment avions-nous pas pensé à vérifier le niveau du carburant. Je confirmai que j’avais vérifié.  En fait, je faisais trop confiance à la jauge d’essence qui était défectueuse entre temps. On a réussi à passer la frontière mais on a été obligé à dormir à Pama juste après la frontière. L’atelier qui devrait commencer le lendemain a été reporté d’un jour plus tard, avec toutes les conséquences budgétaires et les complications liées aux justificatifs des dépenses.  C’est ainsi qu’on a été copieusement baisé par une panne sèche. Votre dévoué NYS. October 14, 2014 in Copargo, Benin: With my colleague Dr. Marius Ekué, we should be heading to Ouagadougou for the kick-off meeting of the new project won on behalf of Bioversity International. Our journey began in Calavi, in a 1-years old white Toyota Highlander. We crossed Djougou at around 3:00 pm, and our aim was to cross the Benin-Burkina border before night, as the Burkinabe border is closed from 7 pm onwards due to robbers and road-cutters. In the latitudes of Copargo at around 3.20pm, the car refused. It’s still new, or at least it had just left the port barely 1 year ago, so how could it refuse? At first, I thought it was a joke, so I switched off and restarted, but nothing. No garage in the area. We spent almost 2 hours fiddling with the car, to no avail. I picked up my phone, called my younger brother who should be in Djougou. He didn’t beg and was soon on the spot, but without a mechanic, because “I know you well enough,” he said. He took the key, pushed it in, the car refused. He looked at both of us in turn, smirking, and said shamelessly that the car had run out of fuel, “never”, I exclaimed, having filled the tank since Bohicon (south of Benin). The tank takes a minimum of 70l, and the car does 12l per 100 km, which should get us at least to Koupela, 100 km from Ouaga. He repeated that the car had run out of fuel. I said it wasn’t. The discussion turned into a challenge. He bought 2 liters at the roadside and poured it into the tank. After 2 minutes, the car started. He looked at us and threw to our his faces: “You didn’t say you got doctors degree, and to think I left my job to come and help you. When you go too far in the studies, you become stupid”. What could we say to such an arrogant little boy in a context where we had shown a notorious lack of knowledge? Silently, we jumped into the car, timidly acknowledging that we’d been thoroughly screwed for thinking too far, even though the breakdown was trivial. Five kilometers further on, Marius looked at me and said: “Your younger brother’s right, though. The more advanced our diplomas, the more general banalities escape our attention. How could we not have thought to check the fuel level? I confirmed that I had. In fact, I put too much trust in the fuel gauge, which was faulty in the meantime. We managed to cross the border, but were forced to sleep in Pama just over the border. The workshop that was due to start the next day was postponed by one day, with all the budgetary consequences and complications associated with justifying expenses.  That’s how we’d been copiously screwed by a run-out of fuel. Your devoted NYS

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Une tasse de café avec les rebelles en Côte d’Ivoire /  A cup of coffee with the rebels in Côte d’Ivoire

26 Août 2009., à N’zo (frontière Guinée et Côte d’Ivoire). Nous venions d’achever notre première expédition mycologique qui nous a conduit respectivement du Bénin au Togo, Burkina, Mali, Guinée et Côte d’Ivoire, 6 pays Ouest africains, plus de 15 000 km en voiture pendant 2 mois… Des expéditions de ce genre, j’en ai faite plus de 8 au total. En son temps, monter à bord d’une grosse voiture depuis le Bénin et me retrouver quelques semaines après en Guinée était un fait banal, plutôt de la recherche de luxe, pour autant qu’on a des arguments solides pour convaincre le bailleur et avoir le financement nécessaire. Après donc 2 semaines de prospections à travers la Guinée, nous décidâmes de continuer l’aventure mycologique en Côte d’Ivoire.La vieille lionne Nissan Pathfinder SE34 était chargée à craquer, le coffre arrière à environ 40 cm du sol et le nez regardant le ciel suivant une diagonale de 45°. C’est ainsi qu’on traversa Nzérékoré en Guinée forestière depuis notre départ de Mamou, en passant par la station de recherche des Monts Nimba, nous atteignîmes Lola, et enfin N’zo, un village frontalier entre la Guinée et la Côte d’Ivoire. Notre trajectoire nous amena à contourner, en scrutant de loin, sur plus de 25 km, le Mont Nimba par notre droite. On la voyait, cette montagne, la plus haute de toute l’Afrique de l’Ouest, se perdre dans les nuages orographiques avec son pic de plus de 1700 m, ses flancs presque dénudés ou constitués de savanes saxicoles et les piedmonts recouverts de forêts denses impénétrables, constituant la réserve forestière des Monts Nimba. Après presque 7 h de route depuis Nzérékoré, nous voici donc à N’zo, le dernier village guinéen, un petit village d’environ 400 habitants à l’époque, qui habitent des cases toutes rondes et coiffées de chaumes. Les formalités policières et douanières sont faites de façon simple du côté guinéen. On entra en Côte d’Ivoire au travers d’un pont qui sert de « No Man’s Land » entre les deux pays. De l’autre côté du pont, côté ivoirien, j’apercevais un monsieur grand de taille en rasta, gilet noir, barbe sale poussiéreuse et dorée, prêt à nous accueillir juste à la fin du pont. Il tenait dans sa main droite un enroulement fait de papier qu’il ne cessait d’approcher à sa bouche, de laquelle sortait une épaisse fumée qu’il projetait obliquement vers le ciel. Décidément, il y mettait de l’art et savourer son magot dans cette façon toute particulière de fumer, plus on s’approchait, plus l’odeur se faisait sentir et le monsieur de plus en plus confiant. Sébastian, mon collègue et ami allemand qui était avec moi me souffla qu’il sentît l’odeur du cannabis. Possible, je n’en savais rien. Le pont franchi, le monsieur s’approcha de nous, avec un sourire plutôt narquois, il nous souhaita le bienvenu. Son visage n’inspirant aucune confiance, je n’ai pas répondu et intima l’ordre à Sébastian de l’ignorer. Il insista, je lui dis cher monsieur, nous voulons nous rendre au poste de police le plus proche pour les formalités d’entrée en territoire ivoirien. Il me regarda et sourit. Il n’y a pas de postes de police, répondit-il tout en tirant un coup de sa cigarette et me flanqua la fumée au visage, pour la première fois je sentis l’odeur du cannabis dont parlait Sébastian. Je dis ok, il doit y avoir un poste de gendarmerie ou de douane. On dirait j’ai touché à un de ses interdits, il se retourna vers moi, me demanda si je suis Africain. Je répondis que je suis bien sûr Africain et de surcroit béninois. Entre temps, dans nos déplacements, on a rejoint un autre groupe de 8 personnes assises sous les arbres, entrain de jouer aux cartes, chacun avec un magot de cannabis en main. Notre cher hôte assez confiant me regarda, avant de continuer : Je dis oooh, chez vous au Bénin, vous avez la Télé au moins? Je dis très bien même. « Alors si vous suivez bien votre chère télé, cher petit béninois emmerdeur, vous devriez comprendre que vous êtes en territoire rebelle et qu’ici, police, gendarmes et douanes, eh bien, c’est nous. C’est nous qui assurons tout cela, maintenant donnez vos passeports et on va voir le Comoz (= Commandant de Zone). Là j’ai compris que nous avions mis les pieds dans le nid d’une vipère. Je n’obtempérai pas, et les échanges devenaient assez vifs et durèrent plus de 10 mn. Entre temps, Sébastian, ayant remarqué que la situation dégénérait, a vite fait de rejoindre l’autre groupe qui jouait et a sympathisé avec eux. Il s’est mis à jouer, a demandé une cigarette et leur a proposé du café que nous avions acheté depuis la Guinée. Tout de suite, les invités que nous étions se sont transformés en autochtones, à offrir café, bières et sardines à nos désormais amis rebelles. Le Comoz, ne s’est pas fait supplier, il nous a rejoint et n’a même plus demandé les passeports. Il a juste demandé notre origine et notre objectif, et nous exigea de payer 50 000 fcfa. Oui, juste ce montant, et dire que j’ai failli y laisser ma peau. Nous avions passé plus de 2 heures avec nos fameux amis rebelles, et le soir vers 19h on décida de partir. On monta à bord de la vieille lionne, cette fois-ci avec 2 rebelles armés pour nous faciliter la traversée. En effet, le tronçon que nous avions emprunté toute la nuit, parcourait l’une des plus denses forêts d’Afrique de l’Ouest. Je revois encore la vieille lionne rugir sur cette piste boueuse et tortueuse, les pneus s’enfonçant parfois au 2/3, pendant que le derrière touchait le sol, et le nez regardant le ciel. Vaille que vaille, on atteignit Danané vers 4 heures du matin ou nous attendait bien sûr une autre belle historiette. Sacré Sébastian, pour avoir renoué instantanément avec ses vieilles habitudes, il nous a sorti de l’impasse. J’ai retrouvé un des rebelles en 2018 quand je traversais cette même frontière avec les collègues suédois, et je continue par échanger avec l’un

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Une vipère de Gabon entre les mains du jeune chercheur / A Gabon viper (Bitis gabonica) in the hands of a young scientist

18 Août 2003 : Dans la ligne droite des négociations pour entamer une thèse de doctorat à l’université de Munich (Allemagne), mon futur directeur de thèse entreprit une visite de 10 jours au Bénin en Août 2003. Un an auparavant, je l’avais visité pour un mois, question de faire connaissance et de mieux apprécier mes capacités à entamer une thèse. Le but de sa visite était de découvrir le cadre dans lequel se feront mes travaux de terrain mais aussi de mieux peaufiner le sujet de ma thèse. Mon directeur de thèse débarqua au Bénin le 12 Août 2003. Pour faciliter le séjour, Prof. Sinsin dégagea quelques jours de son temps cher pour nous accompagner, avec en bonus la mise à disposition gratuite de la Prado bleu acquises pour le compte de son laboratoire (Le laboratoire d’Ecologie Appliquée). Notre mission devrait nous conduire à travers tout le Bénin, en partant de Calavi, pour visiter les forêts de Niaouli, Lama, Bassila, Wari-Maro, l’Ouémé Supérieur et l’Alibori Supérieur. Il fallait lui faire découvrir tous les types de forêts, afin de mieux organiser le sujet de thèse. Ainsi débarquions nous à Ouassa-Péhunco 6 jours plus tard, le 18 Août, pour visiter la fameuse Forêt Classée de l’Alibori Supérieur. Jusque-là, je connaissais cette forêt que de nom, car un de mes compagnons (Akis), aujourd’hui Colonel des Eaux et forêts, y avait séjourné pendant 3 mois dans le cadre de ses travaux de fin de formation pour l’obtention du diplôme d’Ingénieur Agronome. Il nous avait suffisamment briefé sur cette forêt, et les subtilités liées à son séjour et ses randonnées/inventaires dans cette belle forêt. Ainsi avions-nous décidé d’effectuer une sortie accompagnée de récoltes de champignons dans l’Alibori Supérieur. Nous prenions une route tortueuse et boueuse direction Est de Ouassa-Péhunco, qui nous conduisit, après environ 8 km, à une belle formation faite de beaux et gros sujets d’Isoberlina, de Uapaca , de Monotes et j’en passe. Pour nous, et par intuition, nous décidions d’y faire un échantillonnage opportuniste. Avec Prof. Sinsin et Prof. Agerer à mes côtés, nous commencions à fouiller les coins et recoins de cette formation. La délicatesse de notre échantillonnage résidant bien entendu dans le fait d’avoir notre champ de vision braqué plus dans le sous-bois, en tournant et retournant les débris végétaux, la litière et parfois les pierres, qui représentent les micro-habitats favoris des champignons cibles (les Tomentelles). A un certain moment de notre fouille, notre invité Prof. Agerer s’immobilisa pendant presque 2 minutes et m’observa. Au début j’ai cru qu’il attendait que je lui présente ce que j’aurais récolté afin qu’on essaie de l’identifier ensemble, mais la concentration avec laquelle il m’observa attira mon attention, je me redressai, et c’est alors qu’il s’exclamât, « Nourou, mais tu caressais un très joli serpent ». Je dis « Aah oui, mais où? », le Prof. Agerer s’avança vers moi et voulu toucher le serpent, qu’il croyait inoffensif du fait que je l’ai touché sans conséquences. Le Prof. Sinsin, qui n’était pas trop loin, lui interdit de le toucher, car ce serait assez dangereux. Je fixai mon regard à l’endroit indiqué sous mes pieds, et je vis effectivement enroulée sous mes pieds une grosse vipère de Gabon (Bitis gabonica) d’environ 7 cm de diamètre sur 1,30 m de long. Elle était là, sous mes pied, dissimulée dans la litière faite de feuilles sèches d’arbres présents sur place, la tête large et triangulaire aplatie contre le sol, en nous observant. Sa couleur grise sur fond noir (voir photo) était confondue avec celle des feuilles sèches, une stratégie de camouflage très efficace, et rien à priori ne pouvait alerter de sa présence. De tout mon corps, je commençai par trembler, une peur bleue s’empara de moi. Pendant presque 2 mn, je jouais avec cette bestiole si dangereuse, ce serpent possède en effet les crochets à venin les plus longs de tous les serpents, mesurant jusqu’à 5 cm de long, il faut alors craindre le volume de venin qu’il peut injecter à chaque morsure. Tout tremblotant je reculai, mais avec cette peur encore vivante en moi, à croire que j’ai tourné et retourné une vipère avec ma main droite nue pendant plusieurs minutes. Comment suis-je sorti indemne de cette rencontre inopportune ? Rien à priori ne pouvait expliquer cette tranquillité du reptile, était-il dans un état de torpeur ? Digérait-il pour avoir englouti un rat ? Toujours est-il que je m’en suis sorti intact, grâce à Dieu. Prof. Sinsin s’empressa de recueillir le reptile dans un sac Dangoté pour être déposé au Jardin Botanique et Zoologique de l’Université d’Abomey-Calavi. De cet instant, je n’ai plus eu le courage de continuer la fouille que 2 jours après. Et ceci avec un gros couteau que j’utilisais pour retourner les micro-refuges des Tomentelles. Quand même, j’ai failli y laisser ma peau. C’était la plume de votre dévoué NYS August 18th, 2003: In line with the negotiations to start a doctoral thesis at the University of Munich (Germany), my future thesis supervisor undertook a 10-day visit to Benin in August 2003. A year earlier, I visited him for a month, in order to get to know each other and better appreciate my abilities to start a thesis. The purpose of his visit was to discover the context in which my fieldwork would take place, and also to refine the subject of my thesis. My thesis supervisor arrived in Benin on August 12, 2003. To facilitate our stay, Prof. Sinsin freed up a few days of his own time to accompany us, with the added bonus of the free use of the blue Prado acquired on behalf of his laboratory (Le Laboratoire d’Ecologie Appliquée). Our mission would take us all over Benin, starting from Calavi, to visit the forests of Niaouli, Lama, Bassila, Wari-Maro, Ouémé Supérieur and Alibori Supérieur. The idea was to show him all the different types of forests, so as to better organize the subject of my thesis. We landed in Ouassa-Péhunco (north of Benin) 6 days later, on August 18th, to visit the famous

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Au clair de lune, mon premier vol Cotonou-Bruxelles de 6000 km sur le tronçon Oubérou Wari-Maro long de 10 km/ In the moonlight, my first 6,000-km flight from Cotonou to Brussels on the 10-km Oubérou Wari-Maro section.

18 Juin 2000, entre Oubérou et Wari-Maro (Bénin). J’accueillis mon superviseur belge Dr. André De Kesel (ADK) à l’aéroport de Cotonou la veille. Le lendemain 18 Juin, nous partîmes pour Wari Maro. Oui, Wari Maro, nous avons fait de cette fameuse forêt classée notre favori en matière de prospections mycologiques. Partis de Cotonou vers 11h00 à bord d’une Peugeot 505, on arriva à Parakou vers 18h00. L’idée de faire nos premières récoltes de la saison étouffa en nous la sage décision de passer la nuit à Parakou. Ainsi, après un petit arrêt technique, le chauffeur Valentin entama la route de Djougou qui devra nous conduire à Wari-Maro par la bifurcation à Oubérou. Depuis Bétérou, un orage déclencha. On pouvait à peine voir la route tortueuse et boueuse rouge déjà inondée d’eau après seulement 2 mn d’intense pluie. Il était 19h00 quand on emprunta la bifurcation. Après 1 km, il fallait traverser un ponceau qui se voyait déjà presqu’immergé dans les eaux du courant. Nous traversâmes sans problème. De l’autre côté du pont et contre notre trajectoire, on voyait déjà des descentes d’eaux assez nerveuses coulant contre nous. A peine avions nous finit de traverser le pont que la caisse bleue roulante prit l’eau jusqu’au niveau du capot. Le moteur s’éteignit, nous nous trouvions enfermés dans la voiture jusqu’à ce que, après 30 mn, le niveau d’eau baissa. La voiture démarra après maintes tentatives et bricolages de Valentin, mais la vieille 505 est embourbée. Il était presque 20h. La solution : Valentin devra rester dans la voiture, et nous devons continuer à pied. Le lendemain il pourrait chercher les villageois de Oubérou pour l’aider à retirer la bête bleue de la boue. Nous sortions nos bottes, nos cameras, nos portemonnaies et les choses les plus importantes. A pied, on continua la route, qui devrait faire environ 10 km jusqu’à Wari-Maro. Wari-Maro, un petit village devenu assez populaire du fait de sa forêt plus ou moins mieux conservée, comparée aux autres forêts classées du Bénin. Mon compagnon belge André était jeune docteur alors, grade acquis il y a 2-3 ans à peine, fraichement recruté au Jardin Botanique National de Belgique pour étudier les champignons d’Afrique. Quel beau métier, rempli de missions long courrier. Et moi, je venais d’être introduis dans le monde merveilleux des champignons. L’enthousiasme était à son paradoxisme, l’excitation, à son comble, montait chaque fois qu’on avait l’occasion d’aller sur le terrain. Ainsi avions nous décidé de continuer le chemin à pied, sur cette piste longeant la belle forêt autrefois plus dense que présentement, advienne que pourra. Ce qui est assez frappant, après ce bel orage, le ciel se dégagea et laissa place à une pleine lune, dont l’intensité de l’éclairage était telle qu’on pouvait voir les fourmis au sol. Sur ce parcours, on eut cru que j’ai appuyé le bouton « play » d’un magnétoscope. Mon Maître belge me conta comment il vit en Belgique : sacré André, un très bon narrateur, avec un style, une tonification et des gestes qui laissent l’auditeur vivre l’évènement. Il m’occupa avec les causeries sur la recherche au jardin, ses collaborations, ses ambitions, comment j’aurai à prendre mon premier vol pour participer au congrès AETFAT qui devrait se tenir en juillet de la même année dans leur jardin, oui mon premier vol, nous avions passé alors le reste du tronçon à causer de Sabena, l’ancêtre de « Brussels Airlines » actuel, des repas, surtout du bon vin qu’on sert à bord, des belles hôtesses, de l’aéroport de Zaventem… La lune devenait plus belle, la marche plus enrichissante, tellement je voulais qu’on n’atteignît plus Wari-Maro…. On rencontra qu’un seul gros camion qui transportait le bois depuis la forêt vers Bétérou. Wari-Maro nous accueilli vers 21h30, après presque 130 heures de marche lente. La pluie a forcé tous les villageois à vite dormir. On réveilla notre guide Salomon, vite fait, les ignames sont cuites pour être consommées. Le temps de nous empiffrer les ventres, on entendit le ronflement de notre fameuse 505. Valentin ?? mais comment a t’il fait ? En fait, notre voiture avait bloqué la voie, une fois arrivée, le gros porteur ne pouvait pas passer. Les 6 gros mecs qui étaient à bord sont descendus, ont déplacé carrément la bête de côté afin de se faire un passage. A Wari-Maro, on a eu tous droit à un diner fait d’ignames à l’huile rouge arrosé d’un vin rouge « Don Simon », sur la Terrace en pleine lune, à la lisière d’un bosquet dense sis juste derrière le village, et qui se prolonge par une forêt claire plus loin. Ainsi ai-je fait mon premier vol Cotonou-Bruxelles long de 6000 km, en parcourant le tronçon Oubérou- Wari-Maro de 10 km à pied et en pleine lune. A bientôt pour d’autres belles historiettes, NYS June 18, 2000, between Oubérou and Wari-Maro (Benin). I met my Belgian supervisor Dr. André De Kesel (ADK) at Cotonou airport the day before. The following day, June 18, we left for Wari Maro. Yes, Wari Maro – we’ve made this famous forest reserve our favorite for mycological prospections. Leaving Cotonou at around 11:00 am in a Peugeot 505, we arrived in Parakou at around 6:00 pm. The idea of making our first harvest of the season stifled the wise decision to spend the night in Parakou. So, after a short technical stop, our driver Valentin took the Djougou road that would take us to Wari-Maro via the Oubérou bifurcation. From Bétérou, a thunderstorm started. We could barely see the winding, red muddy road already flooded with water after just 2 minutes of intense rain. It was 7pm by the time we reached the bifurcation. After 1 km, we had to cross a culvert that was already almost submerged in the current. We crossed without a hitch. On the other side of the bridge, against our trajectory, we could already see some pretty nervous downpours flowing against us. No sooner had we finished crossing the bridge than the rolling blue box took on water up to the hood. The engine

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WiFi ou 8 Filles : Quand le gérant d’un hôtel de Mamou (Guinée) se perd dans les définitions / WiFi or 8 Girls »: When the manager of an hostel in Mamou (Guinea) gets lost in the definitions

16 Juillet 2011, à Mamou en Guinée Conakry. Je (Nourou) débarque vers 17h00 à l’auberge Santikera avec 4 de mes étudiants, une auberge modeste mais assez bien fréquentée. On s’approche de la réception, on fait les formalités et on prend les clés de nos chambres. Médard, un de mes étudiants béninois, s’approche du réceptionniste, un mec de la trentaine environ. Médard demande : Avez-vous le Wifi ? Le réceptionniste de répondre : Les 8 filles là, tu les veux en même temps ou l’une après l’autre ? On se regarda tous, A Médard alors d’expliquer pendant 10 mn ce qu’on appelle WIFI. Plus tard, je m’approchai d’un autre client qui y était apparemment depuis deux jours, pour savoir si jamais Médard répondait à l’affirmatif, comment ferait le réceptionniste ? Il me répondit : mon cher, c’est bien facile ici. J’ai pris ma bouteille de bière SKOL et je me suis barré. Totalement le soir, en travaillant sur nos spécimens dans le grand hall, j’ai aussi bien compris que c’était bien faisable. « WiFi ou 8 filles », chacun comprend d’après la prononciation.  July 16, 2011, Mamou, Guinea Conakry. I (Nourou) disembark at around 5:00 pm at the Santikera hostel with 4 of my students. A modest but fairly busy hostel. We approached the reception desk, go through formalities and pick-up our room keys. Médard, one of my students, approaches the receptionist, a guy in his thirties. Médard asks: “Do you have Wifi? Phonetically, the receptionist understood “Huit filles”meaning 8 girls in French. The receptionist replied: “The 8 girls, do you want them all at once or one after the other? We all looked at each other, and it was then Médard’s turn to explain during 10 minutes what we call WIFI. Later, I approached another customer who had apparently been there for two days, to see if Médard would ever answer in the affirmative, what would the receptionist do? He replied: “My dear, it’s quite easy here”. I grabbed my bottle of SKOL beer and took off. Totally in the evening, working on our specimens in the hall, I could imagine that it was quite feasible. “WiFi or 8 girls”, everyone understands from the pronunciation.

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